Carte d’identité en Haïti : un document essentiel devenu source d’angoisse.

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À cause de la dégradation de sa carte d’identité, l’agronome Marc-Donald Vincent dit avoir failli lui-même se faire refuser un retrait à la BNC au mois d’avril 2025.


Un incident qui illustre une réalité de plus en plus dénoncée à travers le pays.

Plusieurs citoyens signalent que leurs cartes, à peine obtenues, sont déjà abîmées : encre qui s’efface après quelques semaines, plastique qui se fissure, photo presque illisible, informations difficilement vérifiables. Ces constats soulèvent de sérieuses interrogations sur la qualité des matériaux utilisés dans la fabrication de ce document pourtant indispensable.


Mais au-delà de la détérioration rapide, un autre problème persiste : l’attente interminable.

De nombreux citoyens affirment avoir effectué 

toutes les démarches nécessaires pour recevoir leurs cartes d'identité, c'est toujours sans succès. Certains disent attendre depuis plus d’un an. D’autres expliquent s’être rendus à plusieurs reprises au bureau concerné, sans réponse claire. Entre manque d’information, lenteur administrative et absence de suivi, l’obtention d’une simple pièce d’identité devient un véritable parcours interminable.

De surcroit après ces péripéties, qui sait combien d’innocents ont été pris pour des bandits et passer à l'infinif du "Bwa Kale" simplement faute de carte d’identité aux barricades ?


Le jeudi 19 février 2026, un autre citoyen fait face au même problème dans la commune de Saint-Marc. Sa carte d’identité, totalement abîmée, lui a valu d’être refusé dans plus de trois bureaux de transfert.

Malgré la présentation du document, l’état de dégradation avancée n’a pas permis son identification. Résultat : impossibilité d’effectuer une transaction pourtant légitime.


Dans un contexte marqué par l’insécurité, cette situation inquiète davantage. Ne pas pouvoir s’identifier lors d’un contrôle ou d’une opération financière peut exposer à des risques sérieux. La carte d’identité ne représente pas seulement un document administratif : elle conditionne l’accès aux services bancaires, aux transferts d’argent, aux examens officiels, aux concours publics et à d’autres démarches essentielles.


Cette accumulation de difficultés alimente un sentiment de frustration et d’abandon chez de nombreux citoyens. Comment expliquer qu’un document aussi fondamental soit si difficile à obtenir et si fragile une fois délivré ? Pourquoi tant de retards et tant de défaillances dans un service aussi stratégique ?


Dans un pays déjà confronté à de multiples défis, garantir à chaque citoyen le droit de prouver son identité ne devrait pas être un obstacle mais une priorité absolue.



Frandler POLYNICE

Étudiant en journalisme à Joe's Institute, communicateur, maître de cérémonie, professeur de langue vivantes.



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