Une tendance préoccupante semble émerger dans plusieurs villes du pays : Le Festicolor. Présenté par certains comme une activité festive, consiste pour des jeunes garçons, souvent munis de peinture, à apposer leurs mains sur le corps de jeunes filles, notamment sur leurs seins, avant d’étendre cette pratique à d’autres parties du corps.
Le phénomène ne touche pas un seul camp : des filles, elles aussi, adoptent des comportements intrusifs, allant jusqu’à toucher les parties intimes des garçons. Cette pratique soulève de sérieuses interrogations : s’agit-il réellement d’un simple loisir ou d’une forme déguisée de dérive ?
Pour de nombreux observateurs, le phénomène traduit un profond malaise social. Certains pointent du doigt la démission parentale et l’affaiblissement de l’éducation familiale, laissant les jeunes sans repères clairs quant au respect du corps et des limites individuelles.
Dans ce cas, peut-on parler d'agression sexuelle ? Dans l’article 296 : Une agression sexuelle est toute atteinte sexuelle commise sans consentement, avec violence, contrainte ou menace. Cela reste toutefois un débat moral et sociétal important en Haïti.
Zacharie Dorvilus estime que ce type de comportement participe à l’effondrement moral d’une société déjà fragilisée par l’instabilité et le désarroi. Il poursuit : plus inquiétant encore, ces pratiques semblent se dérouler sous le regard passif des autorités, sans réelle intervention ni encadrement, comme si la question ne relevait pas d’un enjeu public majeur.
Face à cette réalité, une question s’impose : jusqu’où une société peut-elle tolérer certaines formes de divertissement lorsque celles-ci portent atteinte à la dignité humaine ? Pour un bon nombre, le Festicolor dépasse largement le cadre du divertissement. Il met en lumière des problématiques profondes liées à l’éducation, à la sécurité, aux valeurs sociales et au rôle des institutions.
Le Festicolor est-il encore un simple divertissement ou le reflet d’une dérive sociale plus profonde ?
Par Frandler POLYNICE

