Saint-Marc : 72 adolescentes de 14 ans deviennent mères en trois mois, une urgence sociale inquiétante

0

 




Saint-Marc, entre octobre à décembre 2025, 72 adolescentes âgées de 14 ans sont devenues mères dans cette ville, révélant une situation sociale alarmante. Ces chiffres mettent en lumière les effets conjugués de la pauvreté chronique, de la démission parentale et de l’instabilité socio-économique sur la jeunesse locale.


Plus de 70 adolescentes s’égarent sur un boulevard d’immoralité. Entre la démission parentale et la pauvreté chronique, 72 fillettes de 14 ans, englouties dans un bassin d’inconscience collective, ont été précocement projetées dans la maternité. Ces chiffres alarmants témoignent d’une crise sociale préoccupante dans la ville.


Lors d’une émission diffusée sur les ondes de la radio Tête-à-Tête, le 10 février 2026, le docteur Alcy Chovel, Directeur Général de l’Hôpital Saint-Nicolas (HSN), a détaillé la gravité de la situation :

« La majeure partie de ces adolescentes ont été engrossées par des hommes âgés de plus de 40 ans. »

Il évoque également que la plupart de ces mères-enfants auraient été victimes d’abus et, dans certains cas, vendues par leurs propres parents.

    Au regard de ces faits, plusieurs d’entre elles affirment que leur partenaire subvient aux besoins du foyer et vont jusqu’à défier leurs parents pour défendre ces hommes dépourvus de moralité. L’une d’elles serait même allée jusqu’à menacer de se donner la mort si sa mère osait accuser de viol celui qui l’a enceintée, qu’elle considère comme le « chef » du foyer.

    Pour conclure, le docteur qualifie la société de dépravée (« tèt anba ») et affirme qu’elle est rongée par de multiples problèmes. Selon lui, la situation sécuritaire et socio-économique du pays rend certains individus sans scrupule et les pousse à commettre l’irréparable.

        À la lumière de ces propos, il apparaît qu’à Saint-Marc s’élève un cri d’angoisse face à une situation alarmante. Alors que le pays traverse depuis des années des crises socio-politiques et économiques, les repères moraux et le rôle central de la famille semblent s’effriter, laissant la jeunesse vulnérable et confrontée à de graves difficultés sociales.

        Mais ces jeunes filles sont-elles coupables ? N’y a-t-il pas, derrière ces chiffres, des victimes d’un système socio-politique et économique qui fragilise l’ensemble de la société ? L’État, la société et même les institutions hospitalières ne devraient-ils pas assumer une part de responsabilité dans cette dérive ?

        Plusieurs voix s’élèvent déjà pour réclamer des actions concrètes : programmes d’éducation sexuelle, accompagnement psychologique et médical, et renforcement du rôle de la famille dans la protection des jeunes.

Les autorités sanitaires et les Organisations Non Gouvernementales (ONG) sont désormais appelées à agir en urgence. L’objectif est double : soutenir ces 72 jeunes mères et prévenir la répétition d’un tel scénario, afin que cette génération puisse encore espérer un avenir digne.

Ces grossesses précoces sont-elles le résultat de choix individuels ou le reflet de défaillances systémiques dans la protection et l’accompagnement des mineures en Haïti ?


Face à cette réalité bouleversante, il ne suffit plus de compter les chiffres : il faut entendre les cris silencieux qu’ils traduisent. Ces 72 adolescentes ne sont pas seulement des statistiques, mais des vies fragiles qui appellent à la protection, à l’encadrement et à l’espérance. Une société se mesure à la manière dont elle protège ses enfants. Si Saint-Marc est aujourd’hui confrontée à cette urgence sociale, elle peut aussi devenir le point de départ d’un sursaut collectif.

Que l’État, les familles, les écoles, les églises et les organisations communautaires unissent leurs forces pour restaurer les repères, renforcer l’éducation et garantir la sécurité des mineures. Car sauver une génération, c’est préserver l’avenir d’une nation. Il est encore temps de transformer cette crise en engagement, cette douleur en responsabilité, et cette alarme en action


Machelda EUGÈNE

Juriste, Étudiante en Journalisme à Joe's Institute



Enregistrer un commentaire

0Commentaires
Enregistrer un commentaire (0)